A mesure que l’appareil amorçait sa descente, je pus distinguer une vaste plaine, aussi verte que l’herbe Américaine que nous consommions abondamment avec mes camarades de chambrée avant de réviser les examens. Sans doute parce qu’elle était très courte, la navette perdit brusquement de l’altitude, provoquant au passage saignements de nez et oreilles bouchées chez les plus faibles ou les plus sensibles, ce qui au vu de notre future profession revenait finalement au même, avant de se poser brusquement à terre. Les quelques minutes qui séparèrent les consignes des trois soldats confirmés qui étaient censés nous encadrer (et dont personne n’avait que faire à ce moment précis), et ma descente des marches me conduisant vers le sol, me parurent une éternité. Voir deux.
Enfin, je pouvais me servir de mes jambes. J’avais eu un mal de chien à faire rentrer mon mètre quatre-vingt dépassé entre le siège et la rambarde qui lui faisait face, et qui avait pour unique – et toute relative – utilité de m’empêcher de me précipiter vers la porte de sortie de la navette au cas où l’idée saugrenue de l’ouvrir en plein vol me soit passée par la tête. La prairie sur laquelle nous nous étions posés devait faire trois kilomètres de long, et presque autant de large. Elle était entourée de l’épaisse forêt qui couvrait tout le reste du territoire que j’avais eu la chance d’apercevoir depuis la navette. Je me souviens que ma première réflexion avait alors été de me demander comment les choses tourneraient si les autochtones décidaient de nous attaquer, tapis dans l’obscurité moite de la masse végétale. Moi et mes bonnes idées … Peut être que je n’aurais pas dû regarder autant de films violents quand j’étais petit, car ils ont laissé des traces, apparemment … Mais un grand type baraqué qui hurlait et pointait du doigt, tout comme ce qu’il désignait – un vaste campement de fortune et de préfabriqués – eurent tôt fait de me tirer de ces pensées. Nous devions nous diriger vers le bâtiment du fond, et nous regrouper dans les chambres, selon la même répartition qu’à l’AAG. Au moins, nous ne serions pas complètement dépaysés.
Voilà comment je me suis retrouvé dans la 42 bis, en compagnie de Timothée, Loïc et Jean-Marc. Une fois les sacs jetés sur les lits, la pièce fut dûment inspectée. Enquête qui engendra une relative déception, rien ne sortant vraiment de l’ordinaire d’une chambre d’hôtel bon marché, dans lesquels je ramenais parfois des filles rencontrées un peu plus tôt dans la soirée, et que je soupçonnais d’être trop expansives pour qu’elles ne passent la nuit à quelques mètres seulement de la chambre de mes parents et de ma petite sœur. Pour inaugurer notre nouveau « chez nous », Jean-Marc sortit son herbe Américaine de sa chaussette, qui a toujours été la cachette la plus sûre et la moins douloureuse pour y ranger ce genre de choses. C’est dans les vieux pots que l’on fait les meilleures confitures. Cinq minutes et un cône plus tard, nous nous retrouvions à discuter, les yeux rougis et la bouche pâteuse, comme si nous n’étions jamais partis de l’Académie.
Mes trois camarades étaient tous très différents. Chacun à leur façon, et moi à la mienne, nous étions d’authentiques caricatures. Ce qui me facilite grandement la tâche pour rendre ces mémoires un peu plus « piquantes » ! Et je les appréciais à des degrés variés. Mais je devais reconnaître que jusqu’alors, ils avaient été les amis les plus intimes que j’avais eu. Pensez donc, vivre vingt quatre heures sur vingt quatre avec les mêmes personnes, forcément, ça créé des liens. Et même si je n’en oubliais pas pour autant mes amis d’enfance laissés sur le Coq, le plus pouilleux des Vaisseau Mère Français, et lieu de résidence de ma famille depuis le Grand Départ, les trois bougres avec qui je dormais depuis maintenant plus de neuf mois faisaient presque partie de ma famille. C’est avec eux que je me levais et que je me couchais. Que je me lavais et que je mangeais. Avec eux que je faisais la fête, avec eux que je draguais. A eux que je me confiais, et c’était eux que j’écoutais quand ils n’allaient pas bien. Mais surtout, c’est avec eux que je refaisais le monde.
Jean-Marc était de loin mon meilleur ami. Un gars solide, robuste, voir grassouillet, qui était rarement le dernier à se faire remarquer, et qui passait le plus clair de son temps à raconter n’importe quoi du moment que cela faisait marre la galerie. De toutes façons, il n’avait guère le choix pour ne pas finir la nuit tout seul, car il semblait difficile pour lui de compter sur ses longs cheveux noirs, gras et ébouriffés, ses fines lunettes posées sur son nez grossier, sa barbe constamment naissante qui semblait avoir du mal à passer au stade de l’adolescence ou sur ses dents du bonheur … Il n’étais pas exactement le gendre idéal non plus, celui que les mères rêvent de voir épouser leur fille. L’excès de boissons alcoolisées et de divers produits illicites facilitant grandement son incontinence verbale. Mais c’était un gars qui avait le cœur sur la main, un vrai « gentil », prêt à se faire tuer pour vous s’il vous considérait comme son ami. Ce qui, Dieu merci, était mon cas.
Pas exactement le même type que Loïc. Non, lui, c’était le carriériste de base. Son intégration au sein de la plus prestigieuse école militaire de l’Univers Connu ne devait rien au hasard, à la différence de Jean-Marc ou de moi même. En effet, son frère était soldat, son père était soldat, son grand-père était soldat … tous ses aïeux avaient plus ou moins été soldats. Et comme souvent avec ce genre de lignée, le Destin prenait un malin plaisir à la refourguer à la Légende, en les faisant tous, ou presque, mourir glorieusement au combat, du moins se plaisait-on à le raconter lors des – nombreux – repas de famille. Les rares survivants avaient tous été nommés à des postes importants du Haut Commandement des Forces Armées. Bref, pour vivre vieux dans la famille Nedeau, mieux valait naître fille ! Ou opter pour le plan de carrière de Loïc. Le courage semblant sauter une génération, il n’étouffait guère celui que je considérais, je ne sais trop pourquoi d’ailleurs, comme un ami. Il avait un plan, parfaitement établi au fond de sa tête, et était intimement persuadé que rien ne pouvait s’opposer à sa réalisation. Après avoir gagné un certain respect au combat, via deux ou trois victoires minables, il comptait bien passer le reste de ses jours dans un bureau, bien confortablement installé dans un fauteuil en cuir, et avec pour seules joies la réception de sa paye, bien grasse il est vrai, à la fin de chaque mois, et la satisfaction d’envoyer d’autres que lui s’étriper sur les champs de bataille des quatre coins de l’Univers.
Enfin, Timothée était l’un de rares Noirs qui avaient été acceptés à l’AAG. Car c’est bien connu, les établissements de l’élite ne font aucune discrimination raciale quand au recrutement de leur personnel, mais pour en faire partie, il valait tout de même mieux être Blanc. Etre blond facilitait encore plus les choses. Sur ce coup là, j’avais eu de la chance ! Sans doute par soucis de se conformer à certains « quotas » ou pour mettre un brin d’exotisme sur les fiches d’appel, les pontes de l’Académie avaient intégré une petite dizaine d’éléments dit « issus de l’immigration », sans que je ne sache trop ce que cela signifiait d’ailleurs, le mot « immigration ». Remarquez, sur un total de cent vingt six élèves, cela n’était finalement pas trop mal ! Enfin, heureusement qu’ils l’avaient prit, Jean-Marc, parce qu’à sa gentillesse naturelle s’alliait une force physique hors du commun. Ce n’était certes pas une lumière, et il lui arrivait souvent de dire des choses complètement stupides (cela lui arrivait à peu près à chaque fois qu’il ouvrait la bouche, à vrai dire …), mais j’étais bien content de l’avoir à mes côtés lors des examens périodiques. Jamais je ne l’ai entendu se plaindre de quoi que ce soit, et les tâches les plus difficiles lui étaient généralement réservées, sans doute à cause du trait de caractère précité. C’était celui sur qui on pouvait se reposer, le bras droit idéal : discret et compétent.
Nous formions donc une sacrée équipe. Nos centres d’intérêt étaient grosso modo les mêmes : sortir, boire, draguer et fumer de l’herbe Américaine. Les études, ça n’était pas franchement notre tasse de thé. Nous incarnions d’une certaine manière le « côté obscur » de la force militaire. D’aucun diront que tout cela n’est pas très constructif, ce à quoi je répondrais que l’on a qu’une seule jeunesse, alors autant en profiter maintenant, si toutefois c’est possible. Nous rigolions bien tous les trois. Ah, oui, j’ai oublié de vous mettre au courant ! Nous nous amusions le plus souvent à trois, et non à quatre, Loïc étant absent plus souvent qu’à son tour à nos petites réunions. Lui préférait se coucher tôt pour pouvoir encaisser le réveil quotidien à six heures. Une bénédiction pour nous, car s’il n’avait pas été là pour nous tirer du lit le matin, Dieu sait à quel heure nous nous serions levés. Déjà que nous étions les champions incontestés du retard … De toutes façons, les filles, ça n’était pas le truc de Loïc. Les mecs non plus. Si bien qu’il nous est arrivé plusieurs fois de se demander à quoi, a qui il pensait seul dans son lit le soir. Mais à la vue des hypothèses émises lors de ces conciliabules, nous évitions généralement de nous poser la question ! Un boucan de tous les diables (même s’il n’a jamais été clairement démontré qu’il n’en existe ne serait-ce qu’un seul) mit subitement fin à nos discussions comme toujours très enrichissantes, qui devaient alors tourner autour de l’opacité des armoires métalliques de la chambre, ou quelque chose comme ça. Bien entendu, il ne nous en fallait pas plus pour que l’on se précipite dehors, car nous savions ce que cela signifiait
vendredi 27 avril 2007
mardi 17 avril 2007
Là où tout a commencé ... part 1
Voilà. Puisqu’il faut bien commencer, alors commençons par le commencement. Vous allez vous en rendre rapidement compte au fil de ces mémoires, j’adore ce genre de phrases débiles ! Le 17 septembre 2184 très exactement donc, j’ai prit place dans la navette qui effectuait le premier trajet spatial entre le vaisseau de l’AAG, l’Académie de l’Art de la Guerre, où j’ai effectué ce qui s’apparente à un début de scolarité et de formation militaire, et la planète Pe, sur laquelle j’étais censé mettre en pratique ce que je n’avais pas eu le temps d’apprendre. Une année à peine, c’est court pour apprendre à se battre. A ce moment précis de ma vie, je considérais cela comme une chance unique, et j’étais excité comme une puce épileptique qui aurait trop forcé sur les extas à la simple idée d’être parmi les premiers Hommes à poser le pied sur cette Terra Incognita, qui, entre nous, aurait mieux fait de le rester. Et pour ne pas être trop distancé au classement des pionniers, je m’étais installé sur la première banquette, chose inhabituelle pour moi, qui étais plus généralement abonné aux derniers rangs, ceux qui étaient suffisamment éloignés du professeur pour que je puisse vaquer à mes occupations personnelles lorsque je ne jugeais pas le cours indispensable à ma formation de jeune soldat pas encore majeur. Autant dire que les cours « indispensables » n’étaient pas légion. A dix-sept ans, j’avais vraiment mieux à faire que d’apprendre par cœur le Vénusien ou les cinquante premières années d’existence de notre Président à Vie ! Toujours est-il que ce jour là, je me suis retrouvé aux premières loges. De toutes façons, quand bien même j’aurais voulu rejoindre Timothée, Loïc et Jean-Marc, mes camarades de la chambre 42 à l’Académie, et accessoirement mes meilleurs amis d’alors, en queue d’appareil, je n’y aurais pas été autorisé.
En effet, la vie est parfois bien injuste. Il y a deux catégories d’élèves qui réussissent : ceux qui bossent comme des tarés, s’esquintent la santé et les yeux pendant des heures sur les mêmes lignes, les mêmes exercices. Et ceux qui ont le talent naturel, qui n’ont pas besoin de trop forcer, et qui s’esquintent la santé dans les bars ou les fêtes diverses et variées, rentrent dans un état d’ébriété plus qu’avancé et réveillent les premiers en chantant nus dans les couloirs. Comme vous pouvez vous en douter, j’appartiens plutôt à la seconde catégorie … même si je ne sais pas si c’est pour très longtemps encore !
J’étais donc l’un des plus brillants éléments des Première Année Section Combat. Si je dis « l’un des plus brillants éléments », c’est bien entendu par pure modestie, car à la vérité, j’étais le plus brillant de tous ! Non, peut-être étions nous deux, cet enfoiré de Carlos ne se défendait pas mal non plus, mais le moment n’est pas encore venu d’aborder son cas. Lors de notre débarquement sur Pe, je me suis donc tout naturellement retrouvé à la tête de l’une des deux équipes, la seconde étant confiée à qui je vous laisse le soin de deviner ! C’est facile, je viens tout juste de parler de lui ! Et pour être respecté en tant que futur « chef », je me devais d’assumer pleinement mon rôle de leader en prenant place en tête de mes camarades. Seul. Tant pis pour les vannes de Jean-Marc sur Loïc, et tant pis pour les pensées idiotes mais pleines de bon sens de Timothée. Pour tromper l’ennui, je fis voltiger mes yeux dans la navette. Mais, sanglé comme nous l’étions, les mouvements du cou étaient réduits à leur plus simple expression. Je dus donc me contenter de ce qui se trouvait à ma gauche, à ma droite, et devant moi. L’habitacle était sombre, seulement éclairé de deux petits panneaux « sortie » rouges, un de chaque côté, ce qui donnait à l’ensemble une touche de « glauquitude » non négligeable. Un mur séparait mon siège de la cabine de pilotage. Et sur ce mur, des inscriptions. Cela me prit un certain temps de les lire. Soit parce qu’elles étaient écrites en trop petits caractères, soit parce que les soldats qui les avaient laissées devaient parler une autre langue que le Français ou la Langue Commune, si toutefois ce qu’ils avaient écrit (ou ce qu’ils avaient voulu écrire) avait un sens quelconque. Mais parmi les rares messages que j’ai pu décrypter, beaucoup chantaient les louanges de l’Armée, des Camarades, la joie d’être envoyé au combat, et tout un tas d’autres saloperies de ce genre. Mais la plupart se terminaient aussi par « adieux », ou quelque chose d’approchant. C’est typiquement le genre de moments durant lesquels on comprend à quoi peut ressembler un véritable « moment de solitude ». Mais cette solitude fut fort heureusement largement trompée par le panorama grandiose qui s’offrait à moi juste derrière le triple plexiglas de mon hublot crasseux …
Car les premières images de Pe qui imprimèrent mon esprit peuvent difficilement être qualifiées d’un adjectif autre que « grandiose ». Pareilles à ces bandes-annonces pétaradantes qui vous scotchent sur votre siège de ciné, comme pour faire oublier que les films qu’elles vantent sont de gros navets puant la soupe à la guimauve. Sauf que le film dans lequel j’aillais bientôt tenir l’un des rôles principaux était tout sauf une sucrerie. Mais, ignorant de tout cela alors, j’osais à peine cligner des yeux, de peur de perdre une miette du spectacle. Déjà, étant né bien des années après le Grand Départ, je n’avais encore jamais posé le pied sur une terre. Comme la plupart de mes camarades d’ailleurs, du moins ceux qui n’avaient pas la chance et/ou les moyens de partir en vacances. Ce mot – terre – était chargé d’exotisme pour nous, qui n’avions jamais foulé que le sol de gigantesques vaisseaux spatiaux, les Vaisseaux Mères, vastes comme plusieurs villes, dans lesquels vivaient parfois des millions de personnes regroupées selon leur ancienne « ethnie » terrestre. Je pense que l’exemple le plus frappant pour qualifier la terre en question était que sa beauté faisait sans peine passer celle de Claire Donna pour de la contrefaçon grossière vendue sous le manteau. Remarquez, cet exemple est très mauvais, car je doute qu’un seul d’entre vous, qui tenez ces pages entre vos mains, ait jamais vu ladite Claire. Pas grave, j’y reviendrais plus longuement un peu plus tard.
Passés les derniers nuages, un ciel jaunâtre totalement dégagé touchait les bords de l’horizon. Sous la navette s’étendait une forêt infinie, touffue, sauvage, impénétrable. Parfois, des pics rocheux crevaient sa surface, et des rivières sinueuses lui creusaient des cicatrices tortueuses. Je ne sais pas si les grands guerriers qui avaient beaucoup voyagés auraient été aussi surpris et émerveillés que moi, mais ce panorama « grandiose » évoquait en moi les légendaires récits de mes parents (qui les tenaient de leurs parents, qui eux-mêmes les tenaient de leurs parents, et ainsi de suite …) sur la Terre. Je veux dire, notre Terre. Celle que nous avons dû abandonner, et qui, à la réflexion, ne devait certainement pas être si jolie que ça pour que nous l’ayons ainsi quittée. A ce moment précis, je me suis dit que j’aimerais ne jamais partir d’un endroit pareil … et à mon grand regret, c’est ce que j’ai bien failli faire !
En effet, la vie est parfois bien injuste. Il y a deux catégories d’élèves qui réussissent : ceux qui bossent comme des tarés, s’esquintent la santé et les yeux pendant des heures sur les mêmes lignes, les mêmes exercices. Et ceux qui ont le talent naturel, qui n’ont pas besoin de trop forcer, et qui s’esquintent la santé dans les bars ou les fêtes diverses et variées, rentrent dans un état d’ébriété plus qu’avancé et réveillent les premiers en chantant nus dans les couloirs. Comme vous pouvez vous en douter, j’appartiens plutôt à la seconde catégorie … même si je ne sais pas si c’est pour très longtemps encore !
J’étais donc l’un des plus brillants éléments des Première Année Section Combat. Si je dis « l’un des plus brillants éléments », c’est bien entendu par pure modestie, car à la vérité, j’étais le plus brillant de tous ! Non, peut-être étions nous deux, cet enfoiré de Carlos ne se défendait pas mal non plus, mais le moment n’est pas encore venu d’aborder son cas. Lors de notre débarquement sur Pe, je me suis donc tout naturellement retrouvé à la tête de l’une des deux équipes, la seconde étant confiée à qui je vous laisse le soin de deviner ! C’est facile, je viens tout juste de parler de lui ! Et pour être respecté en tant que futur « chef », je me devais d’assumer pleinement mon rôle de leader en prenant place en tête de mes camarades. Seul. Tant pis pour les vannes de Jean-Marc sur Loïc, et tant pis pour les pensées idiotes mais pleines de bon sens de Timothée. Pour tromper l’ennui, je fis voltiger mes yeux dans la navette. Mais, sanglé comme nous l’étions, les mouvements du cou étaient réduits à leur plus simple expression. Je dus donc me contenter de ce qui se trouvait à ma gauche, à ma droite, et devant moi. L’habitacle était sombre, seulement éclairé de deux petits panneaux « sortie » rouges, un de chaque côté, ce qui donnait à l’ensemble une touche de « glauquitude » non négligeable. Un mur séparait mon siège de la cabine de pilotage. Et sur ce mur, des inscriptions. Cela me prit un certain temps de les lire. Soit parce qu’elles étaient écrites en trop petits caractères, soit parce que les soldats qui les avaient laissées devaient parler une autre langue que le Français ou la Langue Commune, si toutefois ce qu’ils avaient écrit (ou ce qu’ils avaient voulu écrire) avait un sens quelconque. Mais parmi les rares messages que j’ai pu décrypter, beaucoup chantaient les louanges de l’Armée, des Camarades, la joie d’être envoyé au combat, et tout un tas d’autres saloperies de ce genre. Mais la plupart se terminaient aussi par « adieux », ou quelque chose d’approchant. C’est typiquement le genre de moments durant lesquels on comprend à quoi peut ressembler un véritable « moment de solitude ». Mais cette solitude fut fort heureusement largement trompée par le panorama grandiose qui s’offrait à moi juste derrière le triple plexiglas de mon hublot crasseux …
Car les premières images de Pe qui imprimèrent mon esprit peuvent difficilement être qualifiées d’un adjectif autre que « grandiose ». Pareilles à ces bandes-annonces pétaradantes qui vous scotchent sur votre siège de ciné, comme pour faire oublier que les films qu’elles vantent sont de gros navets puant la soupe à la guimauve. Sauf que le film dans lequel j’aillais bientôt tenir l’un des rôles principaux était tout sauf une sucrerie. Mais, ignorant de tout cela alors, j’osais à peine cligner des yeux, de peur de perdre une miette du spectacle. Déjà, étant né bien des années après le Grand Départ, je n’avais encore jamais posé le pied sur une terre. Comme la plupart de mes camarades d’ailleurs, du moins ceux qui n’avaient pas la chance et/ou les moyens de partir en vacances. Ce mot – terre – était chargé d’exotisme pour nous, qui n’avions jamais foulé que le sol de gigantesques vaisseaux spatiaux, les Vaisseaux Mères, vastes comme plusieurs villes, dans lesquels vivaient parfois des millions de personnes regroupées selon leur ancienne « ethnie » terrestre. Je pense que l’exemple le plus frappant pour qualifier la terre en question était que sa beauté faisait sans peine passer celle de Claire Donna pour de la contrefaçon grossière vendue sous le manteau. Remarquez, cet exemple est très mauvais, car je doute qu’un seul d’entre vous, qui tenez ces pages entre vos mains, ait jamais vu ladite Claire. Pas grave, j’y reviendrais plus longuement un peu plus tard.
Passés les derniers nuages, un ciel jaunâtre totalement dégagé touchait les bords de l’horizon. Sous la navette s’étendait une forêt infinie, touffue, sauvage, impénétrable. Parfois, des pics rocheux crevaient sa surface, et des rivières sinueuses lui creusaient des cicatrices tortueuses. Je ne sais pas si les grands guerriers qui avaient beaucoup voyagés auraient été aussi surpris et émerveillés que moi, mais ce panorama « grandiose » évoquait en moi les légendaires récits de mes parents (qui les tenaient de leurs parents, qui eux-mêmes les tenaient de leurs parents, et ainsi de suite …) sur la Terre. Je veux dire, notre Terre. Celle que nous avons dû abandonner, et qui, à la réflexion, ne devait certainement pas être si jolie que ça pour que nous l’ayons ainsi quittée. A ce moment précis, je me suis dit que j’aimerais ne jamais partir d’un endroit pareil … et à mon grand regret, c’est ce que j’ai bien failli faire !
Tout Seul ...
Déjà trois jours que je tourne en rond dans cette foutue cellule de deux mètres sur trois. Emprisonné. Je ne vous en avoue pas encore le motif, sinon cela tuerait tout le suspense de ces mémoires. On a déjà tout dit, tout écrit sur la prison, sur l’ennui qu’elle procure, sur la folie qu’elle insinue lentement mais sûrement dans l’esprit même le plus sain qui puisse exister. Le cachot. La pénombre six heures par jour, lorsque ma capsule dérivative passait à quelques dizaines de milliers de kilomètres d’une étoile, et l’obscurité la plus totale le reste du temps. Le froid. L’humidité. Le nez qui coule. La solitude. La faim. La soif. L’irrépressible envie de mettre tristement fin à ses jours, et la cruelle impossibilité de le faire. Pourquoi a-t-il fallu que je me fasse enfermer en « hiver », si toutefois le sens des saisons à encore une quelconque valeur pour quelqu’un perdu en plein milieu du néant abyssale communément appelé « Univers Connu » ? Selon le calendrier Humain, nous étions censés – j’étais censé, pourquoi devrais-je parler au pluriel alors que je suis bel et bien seul ici ? – être en « hiver », mais j’aurais tout aussi bien pu être jeté ici en plein « été ». La situation aurait été en tout point identique.
Impossible de se distraire, de s’évader, les UNP sont bien évidemment interdites ici. Rien à lire, rien à voir ni à écouter. Le calme, le calme, le calme. Et le noir.
Déjà trois jour que je tourne en rond dans cette foutue cellule. Trois jours ? Peut-être plus, peut-être moins. Ce ferait dix ans que je serais enfermé ici que je ne m’en rendrais même pas compte. Quelques menues rations, glissées dans une petite malle blindée en fer rosâtre, juste au pied de la lourde porte coulissante condamnant l’unique sortie. Personne à qui parler. Une visite, une seule. Avant mon départ. Avant qu’un haut dignitaire de l’Armée Française n’ordonne, la bave aux lèvres et le caleçon tendu, qu’il était temps pour moi, un de ces éléments dont la race Humaine n’a pas besoin, de dériver dans l’immensité galactique. Mais heureusement, il y a une lueur d’espoir au bout de cet enfer. Ma mort. Car c’est bien de ça dont il s’agit, d’une condamnation à mort. Enfin, le terme exact employé n’est pas celui-ci. Le Système Français préfère en effet parler d’un « Bannissement des éléments nuisibles à la société ». Ils ne les exécutent pas, ça non ! Ils mettent les prisonniers dans de petites capsules rondes, de quelques mètres carrés seulement, et les envoient dans l’Espace, où ils dérivent jusqu’à ce que quelqu’un les récupère. Ou pas. Jusqu’à présent, on n’a jamais entendu parler d’un survivant. De toutes façons, avec des vivres pour 4 jours seulement, l’espérance de vie n’excède pas la semaine et demie.
Heureusement, la personne qui m’a rendu cette fameuse visite m’a sauvé la vie. Tous les objets électroniques sont interdits au parloir. Des détecteurs stator-magnétiques derniers cris sont là pour identifier les contrevenants, qui se faisaient aussi rares que les policiers intègres à la Milice du Coq. Mais pas les objets organiques. Ma « visite » (dont je préfère taire le nom pour des raisons évidentes de sécurité, et dont les courageux lecteurs qui iront au bout de ce récit seront clairement en mesure d’identifier, pour peu qu’ils aient un peu de jugeote) est donc venue me voir avec comme cadeau plusieurs « cahiers » (des feuilles de papier reliées les unes aux autres sur lesquelles on écrit), et un certain nombre de stylos. Drôle d’idée. Je pense qu’à la place de cette personne, j’aurais amené quelque chose de complètement différent. Mais, à la réflexion, cela ne pouvait tomber plus juste.
« Ecrire ». Voilà un drôle de mot, que les gens de ma génération ne connaissent plus guère. Il suffit désormais de parler, et notre UNP fait tout le boulot. Déjà que nos parents étaient déjà quelques peu étrangers à ce concept, alors imaginez nous … Mais je n’avais rien de mieux à emmener dans le petit sac que l’Armée nous autorise à emporter à bord de la Capsule de Bannissement. Et puis, surtout, c’était la dernière chose, le dernier souvenir, qu’il me restait de mon « visiteur ». Une des personnes les plus chères que ma triste vie ait compté. Etonnant d’ailleurs que les vigiles qui inspectaient les petits sacs ne me les aient pas confisqués. Sans doute ne savaient-ils pas ce qu’étaient un « cahier » et des « stylos ». Mais c’est tant mieux, je ne vais pas m’en plaindre. Comme ça je pourrais m’amuser un peu. M’évader. « Ecrire ». Essayer de ne pas avoir totalement perdu la boule le jour où la Grande Faucheuse viendra faire sa ronde dans mes alentours …
Très vite, un premier problème, et sans aucun doute, dans des conditions disons normales, le plus difficile à résoudre de tous, s’est posé : écrire, oui, très bien pas de problème, mais écrire sur quoi ? Sur ce coup là, je dois avouer que j’ai eu de la chance. Les longs mois qui précédèrent ma capture furent pour le moins « agités ». Riches en évènements importants. Le sujet s’est donc imposé de lui-même. Pourquoi ne pas raconter mon histoire, celle de Laurent Puche. C’est quand même le sujet que je maîtrise le mieux, puisqu’à priori, j’étais tout le temps présent au moment des tous les faits exposés … Et puis, je suis condamné, et personne ne tiendra jamais ces quelques pages entre ses mains. Aucune paire de rétines ne se posera jamais dessus. Alors, pourquoi je pas se laisser aller sur les doux chemins du narcissisme ?
Parce que si je n’écris pas, qui se souviendra de moi ? De mes camarades ? De mes amis ? De ceux qui ont eux aussi versé leur sang pour une cause qu’ils pensaient juste, et qui ne sont malheureusement plus tous là pour en témoigner ?
C’est ça, j’ai trouvé le mot juste : je veux témoigner. Je suis conscient que cela part un peu dans tous les sens là, mais j’écris comme ça vient, au fil de la plume, qui se trouve en réalité être une toute petite bille de métal. Témoigner, parce que je doute que nous n’ayons jamais notre place dans aucun écrit historique, dans aucun manuel scolaire. Témoigner, pour que les gens se souviennent. Qu’ils se souviennent qu’avec une poignée d’autres, nous avions bien failli changer le monde. Failli seulement. Dommage. Qu’ils se souviennent de comment tout cela s’est passé, et avec qui. Qu’ils se souviennent aussi qu’à un moment donné, j’aurais pu devenir le plus grand. Et pourquoi ne pas non plus inspirer quelques mômes, créer quelques vocations ?
Je me souviens précisément du jour où ma vie a basculé. C’est étrange, on se dit toujours que ce moment arrive à l’improviste. Certes, cela est en partie vrai. Mais en partie seulement. Car lorsqu’il débarque, croyez moi qu’un sixième sens débarque d’on ne sait où et vient vous chatouiller la mémoire pour que ce moment là, vous ne l’oubliiez jamais. Ce jour là, j’ai su que je ne serais pas comme tous les autres garçons de dix-sept ans. Pas tout à fait, du moins. Ni aucun autre de mes camarades d’ailleurs. Que le concept de « jeunesse » ne resterait pour nous qu’une vague notion. Que tout ce que les autres ont fait durant leur « jeunesse », nous ne le ferions jamais. Que nous n’aurions jamais dans le cœur des vacances à faire le mur pour traîner avec nos potes, pendant que l’enfance se fait la malle. Et pas seulement parce que mes parents à moi n’auraient jamais pu me payer de vacances. Ou peut-être, tout simplement, que notre « jeunesse » à nous serait juste « différente » de celle des autres. Que tout ce que l’on doit vivre à cet âge là, nous le vivrions également, mais à notre façon.
Parce qu’à l’âge des poèmes rimbaldiens, des premières amours, des premières blessures et des premières amitiés à la vie, à la mort, nous avions fait et vu tant de choses que nous étions déjà vieux …
Bouclez vos ceintures et gardez vos mains bien à l’intérieur de la cabine, le départ est imminent. Bienvenue dans mon Monde. Dans notre Monde …
Impossible de se distraire, de s’évader, les UNP sont bien évidemment interdites ici. Rien à lire, rien à voir ni à écouter. Le calme, le calme, le calme. Et le noir.
Déjà trois jour que je tourne en rond dans cette foutue cellule. Trois jours ? Peut-être plus, peut-être moins. Ce ferait dix ans que je serais enfermé ici que je ne m’en rendrais même pas compte. Quelques menues rations, glissées dans une petite malle blindée en fer rosâtre, juste au pied de la lourde porte coulissante condamnant l’unique sortie. Personne à qui parler. Une visite, une seule. Avant mon départ. Avant qu’un haut dignitaire de l’Armée Française n’ordonne, la bave aux lèvres et le caleçon tendu, qu’il était temps pour moi, un de ces éléments dont la race Humaine n’a pas besoin, de dériver dans l’immensité galactique. Mais heureusement, il y a une lueur d’espoir au bout de cet enfer. Ma mort. Car c’est bien de ça dont il s’agit, d’une condamnation à mort. Enfin, le terme exact employé n’est pas celui-ci. Le Système Français préfère en effet parler d’un « Bannissement des éléments nuisibles à la société ». Ils ne les exécutent pas, ça non ! Ils mettent les prisonniers dans de petites capsules rondes, de quelques mètres carrés seulement, et les envoient dans l’Espace, où ils dérivent jusqu’à ce que quelqu’un les récupère. Ou pas. Jusqu’à présent, on n’a jamais entendu parler d’un survivant. De toutes façons, avec des vivres pour 4 jours seulement, l’espérance de vie n’excède pas la semaine et demie.
Heureusement, la personne qui m’a rendu cette fameuse visite m’a sauvé la vie. Tous les objets électroniques sont interdits au parloir. Des détecteurs stator-magnétiques derniers cris sont là pour identifier les contrevenants, qui se faisaient aussi rares que les policiers intègres à la Milice du Coq. Mais pas les objets organiques. Ma « visite » (dont je préfère taire le nom pour des raisons évidentes de sécurité, et dont les courageux lecteurs qui iront au bout de ce récit seront clairement en mesure d’identifier, pour peu qu’ils aient un peu de jugeote) est donc venue me voir avec comme cadeau plusieurs « cahiers » (des feuilles de papier reliées les unes aux autres sur lesquelles on écrit), et un certain nombre de stylos. Drôle d’idée. Je pense qu’à la place de cette personne, j’aurais amené quelque chose de complètement différent. Mais, à la réflexion, cela ne pouvait tomber plus juste.
« Ecrire ». Voilà un drôle de mot, que les gens de ma génération ne connaissent plus guère. Il suffit désormais de parler, et notre UNP fait tout le boulot. Déjà que nos parents étaient déjà quelques peu étrangers à ce concept, alors imaginez nous … Mais je n’avais rien de mieux à emmener dans le petit sac que l’Armée nous autorise à emporter à bord de la Capsule de Bannissement. Et puis, surtout, c’était la dernière chose, le dernier souvenir, qu’il me restait de mon « visiteur ». Une des personnes les plus chères que ma triste vie ait compté. Etonnant d’ailleurs que les vigiles qui inspectaient les petits sacs ne me les aient pas confisqués. Sans doute ne savaient-ils pas ce qu’étaient un « cahier » et des « stylos ». Mais c’est tant mieux, je ne vais pas m’en plaindre. Comme ça je pourrais m’amuser un peu. M’évader. « Ecrire ». Essayer de ne pas avoir totalement perdu la boule le jour où la Grande Faucheuse viendra faire sa ronde dans mes alentours …
Très vite, un premier problème, et sans aucun doute, dans des conditions disons normales, le plus difficile à résoudre de tous, s’est posé : écrire, oui, très bien pas de problème, mais écrire sur quoi ? Sur ce coup là, je dois avouer que j’ai eu de la chance. Les longs mois qui précédèrent ma capture furent pour le moins « agités ». Riches en évènements importants. Le sujet s’est donc imposé de lui-même. Pourquoi ne pas raconter mon histoire, celle de Laurent Puche. C’est quand même le sujet que je maîtrise le mieux, puisqu’à priori, j’étais tout le temps présent au moment des tous les faits exposés … Et puis, je suis condamné, et personne ne tiendra jamais ces quelques pages entre ses mains. Aucune paire de rétines ne se posera jamais dessus. Alors, pourquoi je pas se laisser aller sur les doux chemins du narcissisme ?
Parce que si je n’écris pas, qui se souviendra de moi ? De mes camarades ? De mes amis ? De ceux qui ont eux aussi versé leur sang pour une cause qu’ils pensaient juste, et qui ne sont malheureusement plus tous là pour en témoigner ?
C’est ça, j’ai trouvé le mot juste : je veux témoigner. Je suis conscient que cela part un peu dans tous les sens là, mais j’écris comme ça vient, au fil de la plume, qui se trouve en réalité être une toute petite bille de métal. Témoigner, parce que je doute que nous n’ayons jamais notre place dans aucun écrit historique, dans aucun manuel scolaire. Témoigner, pour que les gens se souviennent. Qu’ils se souviennent qu’avec une poignée d’autres, nous avions bien failli changer le monde. Failli seulement. Dommage. Qu’ils se souviennent de comment tout cela s’est passé, et avec qui. Qu’ils se souviennent aussi qu’à un moment donné, j’aurais pu devenir le plus grand. Et pourquoi ne pas non plus inspirer quelques mômes, créer quelques vocations ?
Je me souviens précisément du jour où ma vie a basculé. C’est étrange, on se dit toujours que ce moment arrive à l’improviste. Certes, cela est en partie vrai. Mais en partie seulement. Car lorsqu’il débarque, croyez moi qu’un sixième sens débarque d’on ne sait où et vient vous chatouiller la mémoire pour que ce moment là, vous ne l’oubliiez jamais. Ce jour là, j’ai su que je ne serais pas comme tous les autres garçons de dix-sept ans. Pas tout à fait, du moins. Ni aucun autre de mes camarades d’ailleurs. Que le concept de « jeunesse » ne resterait pour nous qu’une vague notion. Que tout ce que les autres ont fait durant leur « jeunesse », nous ne le ferions jamais. Que nous n’aurions jamais dans le cœur des vacances à faire le mur pour traîner avec nos potes, pendant que l’enfance se fait la malle. Et pas seulement parce que mes parents à moi n’auraient jamais pu me payer de vacances. Ou peut-être, tout simplement, que notre « jeunesse » à nous serait juste « différente » de celle des autres. Que tout ce que l’on doit vivre à cet âge là, nous le vivrions également, mais à notre façon.
Parce qu’à l’âge des poèmes rimbaldiens, des premières amours, des premières blessures et des premières amitiés à la vie, à la mort, nous avions fait et vu tant de choses que nous étions déjà vieux …
Bouclez vos ceintures et gardez vos mains bien à l’intérieur de la cabine, le départ est imminent. Bienvenue dans mon Monde. Dans notre Monde …
Un Pigeon s'est Posé
Un pigeon s’est posé
Une nuit juste au pied
Du Maréchal de France
Et il a décoré
La statue dressée
D’une gastrique offense
Maréchaux assassins
Sur vos bustes d’airain
Vos poitrines superbes
Vos médailles ne sont
Que fiente de pigeon
De la merde
Un enfant est venu
Au pied de la statue
Du Maréchal de France
Une envie naturelle
L’a fait pisser contre elle
Mais en toute innocence
Maréchaux assassins
Le môme mine de rien
A joliment vengé
Les enfants et les mères
De dans vos sales guerres
Vous avez massacrés
Un clodo s’est couché
Une nuit juste au pied
Du Maréchal de France
Ivre mort au matin
Il a vomi son vin
Dans une gerbe immense
Maréchaux assassins
Vous ne méritez rien
De mieux pour vos méfaits
Que cet hommage immonde
Pour tout le sang du monde
Par vos sabres versé
Un couple d’amoureux
S’embrasse sous les yeux
Du Maréchal de France
Muet comme un vieux bonze
Il restera de bronze
Raide comme une lance
Maréchaux assassins
L’amour ne vous dit rien
A part bien sur celui
De la Patrie hélas
Cette idée dégueulasse
Qu’à mon tour je conchie
Une nuit juste au pied
Du Maréchal de France
Et il a décoré
La statue dressée
D’une gastrique offense
Maréchaux assassins
Sur vos bustes d’airain
Vos poitrines superbes
Vos médailles ne sont
Que fiente de pigeon
De la merde
Un enfant est venu
Au pied de la statue
Du Maréchal de France
Une envie naturelle
L’a fait pisser contre elle
Mais en toute innocence
Maréchaux assassins
Le môme mine de rien
A joliment vengé
Les enfants et les mères
De dans vos sales guerres
Vous avez massacrés
Un clodo s’est couché
Une nuit juste au pied
Du Maréchal de France
Ivre mort au matin
Il a vomi son vin
Dans une gerbe immense
Maréchaux assassins
Vous ne méritez rien
De mieux pour vos méfaits
Que cet hommage immonde
Pour tout le sang du monde
Par vos sabres versé
Un couple d’amoureux
S’embrasse sous les yeux
Du Maréchal de France
Muet comme un vieux bonze
Il restera de bronze
Raide comme une lance
Maréchaux assassins
L’amour ne vous dit rien
A part bien sur celui
De la Patrie hélas
Cette idée dégueulasse
Qu’à mon tour je conchie
Renaud
"La Médaille"
Sans Titre
Salut, et avant toute chose merci d'avoir daigné consacrer 5 minutes d'un temps toujours précieux à la visite de mon blog.
Enfin, de mon "blog" ... parce que ce n'est pas un blog comme tant d'autres. Tu ne trouveras ici ni le récit détaillé de mes palpitantes journées, ni ma tracklisting du moment, pas même une misérable photo de moi prenant la pose, lunettes de soleil sur les yeux et cheveux au vent, pour essayer de paraître le plus beau possible. Car comme l'a si bien écrit un des plus grands poètes modernes (les initiés sauront ...) :
Mais bon, si je ne décrit pas en long en large et en travers "le récit détaillé de mes palpitantes journées" et tout le reste, c'est aussi et surtout parce que "Vincent Lepoureau, ma Vie, mon Oeuvre", il faut bien reconnaître qu'à part moi, tout le monde s'en cogne !
Alors voilà, si j'ai décidé de me mettre à la mode furieuse des "blogs", c'est pour réparer une terrible erreur ...
Vous n'en avez pas marre, vous, que dans TOUS les récits de science-fiction depuis que le monde est monde, ce soient toujours les méchants extra terrestres qui viennent nous attaquer, et que ce ne soient jamais les gentils Humains qui aillent leur botter un peu le cul, comme ça, juste pour rigoler un peu ?
Parce que, au cours des 23 années que j'ai passées ici bas, j'ai vu les Grands Hommes Blancs, Noirs, Jaunes ou Brun faire bien plus de mal que les Petits Hommes Verts (qui sont gris en réalité, tout le monde sait ça depuis que Mulder a mit le doigt dessus !).
Alors il serait peut être temps de se renouveller, de passer à autre chose, de tenter une autre approche. On sait jamais, sur un malentendu ça pourrait peut être marcher ...
Voici donc un petit bout de quelque chose que j'ai écrit, ça vaut ce que ça vaut, mais si au moins une personne aura eu envie d'acheter un livre et de se mettre à la lecture (le Da Vinci Code ou les "machins" de Levy, ça compte pas, hein !) grâce à ces quelques lignes, bah ça sera toujours ça de prit !
Et puis un jour, quand mon sang sera trop saturé de drogue et d'alcool, et que je me présenterais face au grand Barbu, là haut, je pourrais toujours lui dire : "au moins, j'ai essayé mec" ...
Ne vous inquiétez pas si, au moment où j'ai écrit ce petit texte d'intro, vous ne trouvez qu'une bride d'histoire sur le "blog" ... Il faut savoir ménager le suspense, la suite du récit sera régulièrement publiée. J'espère que je tiendrais le rythme de deux publications par semaine, mais si ce n'est pas le cas, souvenez vous de la devise des campeurs :
Oh, encore une blague bien pourrie tiens ...
Bonne lecture ...
Enfin, de mon "blog" ... parce que ce n'est pas un blog comme tant d'autres. Tu ne trouveras ici ni le récit détaillé de mes palpitantes journées, ni ma tracklisting du moment, pas même une misérable photo de moi prenant la pose, lunettes de soleil sur les yeux et cheveux au vent, pour essayer de paraître le plus beau possible. Car comme l'a si bien écrit un des plus grands poètes modernes (les initiés sauront ...) :
"vouloir trop plaire, c'est le plaisir des moches"
Mais bon, si je ne décrit pas en long en large et en travers "le récit détaillé de mes palpitantes journées" et tout le reste, c'est aussi et surtout parce que "Vincent Lepoureau, ma Vie, mon Oeuvre", il faut bien reconnaître qu'à part moi, tout le monde s'en cogne !
Alors voilà, si j'ai décidé de me mettre à la mode furieuse des "blogs", c'est pour réparer une terrible erreur ...
Vous n'en avez pas marre, vous, que dans TOUS les récits de science-fiction depuis que le monde est monde, ce soient toujours les méchants extra terrestres qui viennent nous attaquer, et que ce ne soient jamais les gentils Humains qui aillent leur botter un peu le cul, comme ça, juste pour rigoler un peu ?
Parce que, au cours des 23 années que j'ai passées ici bas, j'ai vu les Grands Hommes Blancs, Noirs, Jaunes ou Brun faire bien plus de mal que les Petits Hommes Verts (qui sont gris en réalité, tout le monde sait ça depuis que Mulder a mit le doigt dessus !).
Alors il serait peut être temps de se renouveller, de passer à autre chose, de tenter une autre approche. On sait jamais, sur un malentendu ça pourrait peut être marcher ...
Voici donc un petit bout de quelque chose que j'ai écrit, ça vaut ce que ça vaut, mais si au moins une personne aura eu envie d'acheter un livre et de se mettre à la lecture (le Da Vinci Code ou les "machins" de Levy, ça compte pas, hein !) grâce à ces quelques lignes, bah ça sera toujours ça de prit !
Et puis un jour, quand mon sang sera trop saturé de drogue et d'alcool, et que je me présenterais face au grand Barbu, là haut, je pourrais toujours lui dire : "au moins, j'ai essayé mec" ...
Ne vous inquiétez pas si, au moment où j'ai écrit ce petit texte d'intro, vous ne trouvez qu'une bride d'histoire sur le "blog" ... Il faut savoir ménager le suspense, la suite du récit sera régulièrement publiée. J'espère que je tiendrais le rythme de deux publications par semaine, mais si ce n'est pas le cas, souvenez vous de la devise des campeurs :
"Tout le plaisir est dans l'attente"
Oh, encore une blague bien pourrie tiens ...
Bonne lecture ...
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